Le fret à température contrôlée en Amérique du Nord
Comment expédier du fret à température contrôlée entre le Canada, les États-Unis et le Mexique : ce dont chaque marchandise a besoin, d’où viennent les fruits et légumes et à quel moment, et les documents qui permettent à la viande, au poisson et aux autres aliments réglementés de traverser la frontière.
1Les bases de la remorque réfrigérée : température de consigne, mode, prérefroidissement et circulation d’air
Une remorque réfrigérée ne refroidit pas la marchandise : elle la maintient à la température à laquelle elle a été chargée. L’unité est conçue pour évacuer la chaleur qui entre par les parois et les portes, pas celle qui se trouve dans le produit. Un produit chargé chaud reste donc chaud longtemps. Presque toutes les réclamations liées à la température commencent par ce qui s’est passé avant la fermeture des portes.
Température de consigne : c’est la température que l’unité maintient. Elle doit figurer par écrit sur la demande de transport et sur le connaissement, avec l’unité de mesure. Une température de consigne absente ou ambiguë est la cause d’échec évitable la plus fréquente.
Mode : en continu, le ventilateur tourne en permanence et la température reste uniforme dans tout le chargement; en mode cyclique (marche-arrêt), l’unité s’arrête une fois la température de consigne atteinte, ce qui économise du carburant. Les fruits et légumes frais, la viande réfrigérée et tout ce qui supporte mal les variations de température demandent généralement le mode continu. Les produits congelés à cœur peuvent souvent voyager en mode cyclique.
Prérefroidissement : la remorque doit être à la température de consigne avant le chargement, portes fermées, et le produit doit déjà être à la température exigée. Une remorque ne peut pas corriger un produit sorti chaud de la chambre froide.
Circulation d’air : l’air froid sort de l’unité à l’avant, longe le plafond et revient par le plancher. Laissez de l’espace au-dessus du chargement, n’appuyez pas les palettes contre les portes arrière, ne bloquez pas les canaux du plancher et utilisez des cloisons pour les chargements incomplets.
Relevé : les données téléchargées de l’unité et celles d’un enregistreur de données indépendant constituent la preuve en cas de réclamation. Convenez à l’avance de qui télécharge le relevé et dans quel délai il est transmis.
Aliments surgelés (norme du Codex)
-18 °C (0 °F) ou moins
Crème glacée et desserts glacés (pratique courante)
Environ -25 °C (-13 °F) ou moins
Viande et volaille réfrigérées (pratique courante)
Environ -2 à +2 °C (28 à 36 °F)
La plupart des fruits et légumes frais de climat tempéré
0 à 2 °C (32 à 36 °F)
Fruits et légumes sensibles au froid
Environ 7 à 15 °C (45 à 59 °F), selon le produit
Produits pharmaceutiques réfrigérés
2 à 8 °C (36 à 46 °F)
Les règles sur le transport sanitaire
Aux États-Unis, la règle de la FDA sur le transport sanitaire des aliments destinés aux humains et aux animaux (Sanitary Transportation of Human and Animal Food) exige des véhicules capables de maintenir la température dont l’aliment a besoin, une protection contre la contamination entre les aliments crus et les aliments prêts à manger et contre le contact croisé avec des allergènes, un personnel du transporteur formé avec des registres de formation, ainsi que des procédures et des ententes écrites. L’expéditeur indique au transporteur la température d’exploitation et le prérefroidissement exigés, et le transporteur doit pouvoir démontrer que la température a été maintenue. Au Canada, le Règlement sur la salubrité des aliments au Canada exige que les moyens de transport soient conçus, entretenus, chargés et déchargés de façon à ce que les aliments ne soient pas contaminés et soient gardés à une température appropriée.
2Chargements mixtes : température, éthylène et odeurs
Les chargements mixtes de fruits et légumes sont courants et fonctionnent bien quand les produits sont compatibles. Trois éléments déterminent la compatibilité : la température dont chaque produit a besoin, le fait qu’il dégage de l’éthylène ou qu’il y soit sensible, et le fait qu’il dégage ou absorbe des odeurs.
Groupe
Plage habituelle
Exemples
Climat tempéré
0 à 2 °C (32 à 36 °F)
Pommes, poires, cerises, raisins de table, petits fruits, laitue et légumes-feuilles, brocoli, carottes, maïs sucré, pêches, oignons
Subtropicaux et sensibles au froid
Environ 7 à 12 °C (45 à 54 °F)
Poivrons (7 à 10 °C), citrons, avocats (5 à 12 °C selon la maturité), concombres (10 à 12 °C)
Chauds
Environ 10 à 18 °C (50 à 65 °F)
Tomates mûres (10 à 13 °C), patates douces (14 à 15 °C), melon d’eau (10 à 15 °C), bananes
Produits qui dégagent de l’éthylène : pommes, poires, pêches, cantaloups, tomates en mûrissement et avocats.
Produits sensibles à l’éthylène : laitue et légumes-feuilles, brocoli, carottes, poivrons, concombres et patates douces. Environ une partie par million d’éthylène suffit à endommager les produits sensibles.
Odeurs : les oignons et les pommes de terre transmettent leur odeur aux pommes et aux poires, et ne devraient pas partager une remorque avec des fraises ou des pommes.
Quand un chargement mixte ne peut pas être rendu compatible, la solution est une remorque multitempérature à compartiments séparés, ou deux camions.
3Les fruits et légumes selon leur origine : d’où ils viennent, et quand
L’Ontario, le Nord-Est et le Midwest américains consomment des fruits et légumes venus de tout le continent, et la provenance change avec les saisons. Savoir quand chaque région atteint son pic permet de planifier la capacité : les tarifs réfrigérés au départ d’une région productrice montent quand sa récolte bat son plein et que les camions se font rares, puis redescendent quand elle se termine.
Origine
Principales marchandises
Pic d’expédition
Centres d’expédition
Californie
Légumes-feuilles, petits fruits, raisins de table, agrumes, légumes
Toute l’année; légumes-feuilles de Salinas d’avril à novembre
Salinas, Central Valley, Oxnard, Imperial Valley
Arizona
Laitue, brocoli, chou-fleur; légumes mexicains par Nogales
De novembre à mars à Yuma; d’octobre à mai par Nogales
Yuma, Nogales
Washington
Pommes, poires, cerises
Pommes toute l’année à partir de l’entreposage; cerises de la mi-juin à la mi-août
Yakima, Wenatchee
Idaho et est de l’Oregon
Pommes de terre, oignons
Pommes de terre toute l’année à partir de l’entreposage; oignons de septembre à avril
Est de l’Idaho, Treasure Valley
Texas
Pamplemousses, oranges, oignons, chou, melon d’eau; fruits et légumes mexicains par Pharr
D’octobre à mai
Rio Grande Valley, McAllen, Pharr
Floride
Tomates, fraises, agrumes, poivrons, maïs sucré
Environ d’octobre à juin
Plant City, Immokalee, centre de la Floride
Géorgie
Oignons Vidalia, pêches, bleuets
D’avril à septembre
Vidalia, centre de la Géorgie
Michigan et État de New York
Pommes
Récolte d’août à novembre, puis à partir de l’entreposage
Ouest du Michigan, ouest de l’État de New York
Caroline du Nord
Patates douces
Toute l’année à partir de l’entreposage; pic en novembre
Tomates, concombres et poivrons de serre; carottes et oignons
Serre toute l’année; grandes cultures à partir de la fin de l’été
Leamington, Kingsville, Holland Marsh
La Californie
La Californie expédie quelque chose chaque semaine de l’année, mais les produits et les lieux changent. Les légumes-feuilles de la vallée de Salinas sont expédiés environ d’avril à novembre; à la fin novembre, la production descend vers Yuma et l’Imperial Valley pour l’hiver, puis remonte au printemps, et les tarifs pour la laitue suivent ce déplacement. Les raisins de table de Coachella commencent à la mi-mai, et ceux de la vallée de San Joaquin prennent le relais de la fin juin jusqu’en décembre. Les fraises atteignent leur pic autour de Watsonville et de Salinas au début de l’été, et Santa Maria et Oxnard prennent le relais à partir de la fin de l’été. Les oranges navel de la Central Valley commencent en novembre.
De Salinas à Toronto, il y a environ 4 350 kilomètres, soit à peu près cinq jours avec un conducteur seul et trois avec une équipe. Les légumes-feuilles, les petits fruits et les raisins voyagent entre 0 et 1 °C et se conservent peu longtemps : ils exigent le mode continu et un transit rapide. Les oranges de Californie et d’Arizona sont sujettes aux dommages causés par le froid et voyagent généralement à une température plus élevée que les légumes-feuilles.
L’Arizona et le passage de Nogales
De novembre à mars environ, Yuma est le grand jardin d’hiver du continent : on y expédie de la laitue, du brocoli, du chou-fleur et d’autres légumes verts. Yuma est loin des principaux marchés de camionnage du sud de la Californie; les camions y arrivent donc souvent à vide, et les chargements d’hiver au départ de Yuma peuvent coûter plus cher. Nogales est le principal point de passage des légumes d’hiver mexicains du Sinaloa et du Sonora, surtout les tomates, les courges, les concombres et les poivrons, d’octobre à mai environ.
L’État de Washington
Washington est le plus grand État producteur de pommes; sa récolte de 2025 était estimée à environ 142 millions de boîtes de 40 livres, dont environ 30 % destinées à l’exportation. Les pommes sont récoltées d’août à novembre et expédiées toute l’année à partir d’entrepôts à atmosphère contrôlée autour de Yakima et de Wenatchee; les poires suivent un calendrier semblable. Les cerises du Nord-Ouest sont expédiées de la mi-juin à la mi-août environ, après la récolte californienne. Les trois voyagent à environ 0 °C. Les pommes et les poires dégagent de l’éthylène et ne devraient pas partager une remorque avec des légumes-feuilles ou du brocoli.
L’Idaho et la Treasure Valley
Les pommes de terre de l’Idaho sont récoltées une fois par année, en septembre et en octobre, puis entreposées entre 4 et 7 °C dans une humidité élevée et expédiées toute l’année, avec une date d’emballage sur chaque boîte. La Treasure Valley, à la frontière de l’Idaho et de l’Oregon, est l’une des plus grandes régions productrices d’oignons des États-Unis : la récolte commence en août et les expéditions sont les plus fortes de septembre à avril. Selon la saison et les exigences de l’acheteur, les oignons voyagent souvent en remorque ventilée ou légèrement réfrigérée plutôt qu’aux températures habituelles des fruits et légumes.
Le Texas et le passage de Pharr
La Rio Grande Valley expédie des pamplemousses, des oranges, des oignons, du chou et du melon d’eau d’octobre à mai environ; la saison s’ouvre avec le pamplemousse et se termine avec le melon d’eau. Pour bien des destinataires, c’est toutefois la frontière qui compte le plus : Pharr est le principal point d’entrée des fruits et légumes frais mexicains au Texas, avec les avocats, les tomates, les petits fruits, les limes, les poivrons et les mangues, et les volumes atteignent leur pic en hiver. Les fruits et légumes qui y traversent sont habituellement remis à des transporteurs américains dans la région de McAllen pour le trajet vers le nord.
La Floride
En Floride, la saison est à l’inverse de celle du Nord. Les tomates sont expédiées d’octobre à juin environ, sous une ordonnance fédérale de commercialisation (federal marketing order); les fraises de la région de Plant City, pendant l’hiver et le printemps; les agrumes, les poivrons et le maïs sucré, pendant les mois plus frais. Les tomates et les poivrons de Floride sont sensibles au froid et ne devraient pas voyager aux températures proches du point de congélation utilisées pour les légumes-feuilles.
La Géorgie
Les oignons Vidalia ne peuvent être cultivés que dans une zone délimitée du sud de la Géorgie, et leur saison d’expédition s’ouvre à une date d’emballage officielle fixée chaque printemps; en 2026, c’était le 13 avril, et l’offre s’est prolongée jusqu’en septembre. Les pêches de Géorgie sont offertes de la mi-mai à la mi-août environ, et les bleuets, de la fin du printemps au début de l’été.
Le Michigan, l’État de New York et le New Jersey
Le Michigan et l’État de New York font partie des trois principaux États producteurs de pommes. La récolte du Michigan en 2026 était estimée à plus de 25 millions de boisseaux, cueillis de la mi-août au début novembre; les deux États expédient ensuite à partir de l’entreposage. Au New Jersey, la saison commence avec les bleuets en juin et juillet, se poursuit avec les poivrons, les tomates, le maïs sucré et les pêches en été, et se termine avec les canneberges à partir de la fin septembre. Ces trois États sont à moins d’une journée de route de la région du Grand Toronto, ce qui en fait des sources naturelles pour les destinataires ontariens en saison.
La Caroline du Nord
La Caroline du Nord produit la majorité des patates douces expédiées par camion aux États-Unis, soit plus de 13 000 chargements réfrigérés par année, expédiés toute l’année à partir d’entrepôts de mûrissement, avec un pic en novembre. Les patates douces sont endommagées à la fois par le froid et par l’éthylène : expédiez-les entre 14 et 15 °C, loin des pommes, des poires et des fruits en mûrissement.
Le Mexique
Le Mexique fournit une grande partie des légumes d’hiver du continent, ainsi qu’un flux d’avocats et de petits fruits toute l’année. Le Michoacán est l’un des deux seuls États mexicains autorisés à exporter des avocats vers les États-Unis, et plus de 85 % de sa production d’avocats prend la direction du nord. Les petits fruits viennent surtout du Jalisco et du Michoacán, avec des volumes plus importants au printemps. Les fruits et légumes mexicains entrent aux États-Unis surtout par Nogales, Pharr et Laredo, puis continuent vers le Canada, soit en chargement direct, soit après un transfert à la frontière. Les avocats voyagent entre 5 et 12 °C environ, selon leur maturité.
L’Ontario
L’Ontario est aussi un grand producteur. La région de Leamington et de Kingsville regroupe la plupart des quelque 4 500 acres de serres de la province, où l’on cultive des tomates, des concombres et des poivrons toute l’année; plus de 85 % de la production est exportée aux États-Unis. Le Holland Marsh, au nord de Toronto, produit la majorité des carottes et des oignons de la province, récoltés à partir de la fin de l’été et expédiés à partir de l’entreposage. Les tomates, les concombres et les poivrons de serre sont sensibles au froid et voyagent entre 7 et 13 °C environ.
4La viande et la volaille à la frontière
La viande est l’aliment le plus inspecté qui traverse la frontière canado-américaine. Chaque pays reconnaît le système d’inspection de l’autre comme équivalent, et c’est ce qui rend ce commerce possible. Mais chaque envoi doit tout de même provenir d’un établissement approuvé, voyager avec un certificat officiel et, à destination des États-Unis, être présenté pour une réinspection avant de pouvoir être vendu. La plupart des retenues de viande viennent de documents qui ne correspondent pas au produit, pas du produit lui-même.
Du Canada vers les États-Unis
Établissements admissibles seulement : le produit doit provenir d’un établissement canadien agréé par le fédéral et inscrit comme admissible à l’exportation vers les États-Unis pour cette espèce et ce type de produit.
Certificat officiel : chaque envoi voyage avec un certificat d’inspection de l’ACIA visant les produits de viande et de volaille (formulaire CFIA/ACIA 5733), délivré par voie électronique ou sur papier, accompagné au besoin d’annexes sur la santé animale propres à l’espèce. Chaque contenant d’expédition porte une marque d’expédition liée à ce certificat.
Demande d’importation à la FSIS : l’importateur dépose une demande d’inspection à l’importation auprès de la FSIS (Food Safety and Inspection Service du USDA), par voie électronique dans ACE ou sur papier, au plus tard au moment de la déclaration en douane. Les lots inscrits sur la demande doivent correspondre exactement au certificat.
Réinspection dans une I-house : après la mainlevée du CBP et de l’APHIS, l’envoi doit se rendre directement à un établissement officiel d’inspection des importations de la FSIS, appelé I-house, où la FSIS détermine les types d’inspection : vérification des étiquettes et du poids net, état des contenants, examen du produit et prélèvement d’échantillons pour analyse en laboratoire. Chargez la remorque avec les étiquettes tournées vers les portes arrière, pour que les caisses puissent être vérifiées sans décharger tout le chargement.
Niveaux d’inspection : les envois sont réinspectés selon un niveau normal, accru ou intensifié. Les établissements qui ont un bon dossier sont inspectés moins souvent, et un échec fait passer l’établissement en inspection intensifiée. Le produit échantillonné est retenu jusqu’à l’obtention des résultats.
Refus : le produit qui échoue est estampillé U.S. Refused Entry et doit être réexporté, détruit ou, avec autorisation, transformé en aliment pour animaux dans un délai de 45 jours.
Étiquetage : les contenants d’expédition doivent porter la mention Product of Canada, et les étiquettes de vente au détail doivent être approuvées par la FSIS. Depuis le 1er janvier 2026, la mention volontaire Product of USA exige que les animaux soient nés, élevés, abattus et transformés aux États-Unis : la viande d’origine canadienne transformée davantage aux États-Unis ne peut donc plus la porter.
Des États-Unis vers le Canada
Établissements et produits admissibles : l’établissement américain doit être admissible à l’exportation de ce produit vers le Canada. Consultez la liste des pays et des produits admissibles de l’ACIA, ainsi que le Système automatisé de référence à l’importation (SARI), avant chaque nouveau produit ou établissement.
Certificat officiel : la FSIS délivre un certificat de salubrité pour l’exportation de viande et de volaille (Meat and Poultry Export Certificate of Wholesomeness, formulaire FSIS 9060-5), désormais produit électroniquement dans son système PHIS. Le certificat officiel original voyage avec l’envoi.
Licence de l’importateur : l’importateur canadien doit détenir une licence pour la salubrité des aliments au Canada, et le numéro de licence doit figurer sur la déclaration d’importation.
Mainlevée et inspection : les documents sont examinés par le Centre national de service à l’importation (CNSI) de l’ACIA. Environ un envoi sur dix est choisi au hasard pour une inspection complète, tout comme les premiers envois d’un établissement nouvellement approuvé, et les envois choisis doivent se rendre dans un établissement autorisé à recevoir de la viande importée. Les envois non choisis peuvent être livrés dès que l’ASFC les a libérés.
Refus : un produit qui doit quitter le Canada doit être retiré dans un délai de 90 jours, sinon il est détruit aux frais de l’importateur.
Étiquetage : étiquettes bilingues, quantité nette en unités métriques, mention Product of USA sur le contenant immédiat, et date « meilleur avant » lorsque la durée de conservation est de 90 jours ou moins.
Ce qui change selon le type de viande
Produit
Points d’attention
Bœuf
Contrôles liés à l’ESB : le matériel à risque spécifié doit être retiré, et certains bœufs séparés mécaniquement provenant de bovins plus âgés ne sont pas admissibles. Le bœuf réfrigéré se conserve longtemps, mais pas indéfiniment; le bœuf congelé tolère beaucoup mieux un retard à la frontière.
Porc
Des contrôles visant la trichinella s’appliquent à certains produits, et les boyaux de porc destinés aux États-Unis exigent une certification relative à la peste porcine africaine. Le Canada et les États-Unis ont convenu de régionaliser les échanges plutôt que de les interrompre en cas d’apparition de la peste porcine africaine.
Volaille
La plus exposée aux changements soudains : le zonage lié à l’influenza aviaire peut rendre la volaille crue d’une zone réglementée inadmissible du jour au lendemain, tandis que les produits correctement traités à la chaleur peuvent continuer de circuler. Aux États-Unis, la volaille fraîche n’est jamais descendue sous environ -3 °C (26 °F); congelée signifie -18 °C (0 °F) ou moins.
Agneau, mouton et chèvre
Des exigences distinctes en matière de santé animale s’appliquent. Le mouton canadien est devenu admissible à l’exportation vers les États-Unis en avril 2024.
Prêts à manger, cuits et salaisonnés
Les États-Unis appliquent une tolérance zéro pour la Listeria monocytogenes. Les produits soumis à une inspection intensifiée destinés au Canada voyagent avec leurs résultats de laboratoire négatifs.
Boyaux naturels
Des certificats distincts s’appliquent dans chaque direction.
Bison et gibier
Les États-Unis considèrent le bison et le gibier comme des produits réglementés par la FDA plutôt qu’inspectés par la FSIS; le bison américain destiné au Canada doit provenir d’un programme de vérification des exportations approuvé par le USDA.
La température pour la viande
La viande et la volaille réfrigérées voyagent normalement entre -2 et +2 °C environ (28 à 36 °F), et les produits congelés à -18 °C (0 °F) ou moins. Ces valeurs relèvent de la pratique de l’industrie et des exigences des acheteurs plutôt que d’une règle frontalière unique, mais un écart de température constaté à la réinspection est un défaut du produit qui peut mener à un refus : le relevé de température compte donc autant que le certificat.
Les causes habituelles des retenues de viande
La remorque a été déchargée ailleurs qu’à la I-house avant la réinspection.
Les lots, les marques d’expédition ou les quantités inscrits sur le certificat, la demande à la FSIS et la déclaration en douane ne concordent pas entre eux ou avec le produit.
L’établissement ne figure pas sur la liste des établissements admissibles pour ce produit.
Les étiquettes n’indiquent pas le pays d’origine ou le numéro d’établissement, ou ne sont pas approuvées pour le marché visé.
Le produit est retenu en attendant des résultats de laboratoire (analyse et retenue).
Une restriction liée à la santé animale, comme une zone d’influenza aviaire, a changé après la passation de la commande.
Le certificat original est manquant, ou les données du courtier contiennent des erreurs, à l’entrée au Canada.
5Poisson et fruits de mer
Le poisson et les fruits de mer combinent l’urgence des fruits et légumes et certaines des règles de température les plus strictes du secteur alimentaire. Pour plusieurs espèces, le principal danger n’est pas une détérioration visible, mais l’histamine, qui se forme quand des poissons comme le thon, le mahi-mahi et le maquereau sont gardés au chaud, et que ni la cuisson ni la congélation ne détruisent.
Espèces qui forment de l’histamine : selon les lignes directrices HACCP de la FDA pour les produits de la mer, le poisson devrait être maintenu à 4,4 °C (40 °F) ou moins pendant le transport, ou être entièrement entouré de glace, et le temps passé au-dessus de cette température se compte en heures, pas en jours.
Le poisson frais voyage généralement sur glace entre 0 et 2 °C. Le poisson congelé voyage à -18 °C ou moins et doit être protégé contre le dessèchement; les règles canadiennes exigent que le poisson congelé soit protégé contre la déshydratation et l’oxydation pendant le transport.
Les mollusques vivants et crus, comme les huîtres, les palourdes et les moules dans leur coquille, voyagent à une température de l’air de 7 °C (45 °F) ou moins, doivent être étiquetés et, aux États-Unis, doivent provenir d’un expéditeur inscrit à la liste des expéditeurs de mollusques certifiés de la FDA (Interstate Certified Shellfish Shippers List), qui comprend des expéditeurs canadiens et mexicains.
Les transformateurs et les importateurs aux États-Unis doivent appliquer le règlement HACCP sur les produits de la mer (21 CFR 123), et les importateurs doivent pouvoir démontrer que leurs fournisseurs étrangers l’appliquent aussi.
Faire traverser la frontière au poisson et aux fruits de mer
Vers les États-Unis, un préavis de la FDA est exigé pour tous les poissons et fruits de mer, au moins deux heures avant l’arrivée par la route.
Treize groupes d’espèces relèvent aussi du Seafood Import Monitoring Program de la NOAA, le programme américain de surveillance des importations de produits de la mer : ormeau, morue de l’Atlantique, morue du Pacifique, crabe bleu de l’Atlantique, crabe royal rouge, mahi-mahi, mérou, vivaneau rouge, holothurie (concombre de mer), requins, crevettes, espadon et thons. L’importateur doit détenir un International Fisheries Trade Permit et déclarer les données de capture et de débarquement à l’entrée.
Le programme pourrait changer : une proposition de 2024 l’étendrait à toutes les importations de poisson et de fruits de mer, et un décret présidentiel de 2025 a ordonné un examen de son élargissement. En 2026, aucune règle définitive n’avait été publiée : confirmez la portée en vigueur auprès de votre courtier en douane avant qu’un nouveau produit soit expédié.
Vers le Canada, l’importateur doit détenir une licence pour la salubrité des aliments au Canada, un plan de contrôle préventif et des registres de traçabilité, et le numéro de licence doit figurer sur la déclaration d’importation. La délivrance d’une licence peut prendre jusqu’à 15 jours ouvrables : elle doit donc être en place avant le premier envoi.
6Produits pharmaceutiques et produits de santé
Les produits pharmaceutiques voyagent sous un système de qualité, pas seulement à une température donnée. Au Canada, les lignes directrices de Santé Canada sur le contrôle de la température des produits pharmaceutiques pendant l’entreposage et le transport (GUI-0069) s’appliquent aux importateurs, aux distributeurs, aux grossistes et aux transporteurs dont ils retiennent les services. Aux États-Unis, ce sont les chapitres 1079 de l’USP sur les bonnes pratiques d’entreposage et de distribution qui fixent les attentes. L’équipe qualité de l’expéditeur est responsable des exigences; le rôle du fournisseur de transport est de les respecter et de le prouver.
Connaître la plage : les produits réfrigérés voyagent entre 2 et 8 °C. Aux États-Unis, la température ambiante contrôlée est de 20 à 25 °C, avec des écarts permis entre 15 et 30 °C; l’USP a proposé de ramener cette plage à 15 à 25 °C. Dans un hiver canadien, un produit à température ambiante doit être protégé contre le gel autant qu’un produit d’été doit être refroidi.
Qualifier le trajet : la GUI-0069 prévoit une cartographie des températures des entrepôts et des véhicules pour repérer les points les plus à risque, une qualification des itinéraires fondée sur des données réelles du trajet, des vérifications saisonnières et des enregistreurs de données étalonnés sur les envois.
Enquêter sur chaque écart : une lecture hors de la plage indiquée sur l’étiquette ne signifie pas automatiquement que le produit est perdu, mais elle doit faire l’objet d’une enquête, et le produit doit être libéré sur la base des données de stabilité. Tout commence par le relevé de température.
Sécurité : les produits pharmaceutiques ont une grande valeur et attirent les voleurs. Remorques scellées, aucun arrêt imprévu, conducteurs en équipe sur les longs trajets et suivi en temps réel sont la norme.
Licences : les importateurs de médicaments au Canada doivent détenir une licence d’établissement de produits pharmaceutiques (LEPP). Aux États-Unis, les exigences de traçabilité de la Drug Supply Chain Security Act s’appliquent aux fabricants, aux reconditionneurs et aux distributeurs depuis 2025, et les petits dispensateurs ont jusqu’en novembre 2027.
7Boissons : bière, vin, spiritueux, jus et boissons gazeuses
Les boissons sont lourdes, sensibles à la chaleur comme au froid et, dans le cas de l’alcool, parmi les marchandises les plus réglementées qui traversent la frontière.
Le poids avant l’espace : un chargement de boissons atteint la limite de poids légale bien avant que la remorque soit pleine. Un chargement planifié seulement selon le nombre de palettes sera souvent en surpoids : planifiez selon le poids et vérifiez le poids par essieu autant que le poids total.
Protection contre le gel : la bière, le vin, les boissons prémélangées (coolers), les jus, les boissons gazeuses et l’eau embouteillée gèlent et éclatent pendant un hiver canadien. De la fin de l’automne au printemps, les chargements de boissons voyagent en service chauffé protégé contre le gel (PFF), avec l’unité réglée pour garder le chargement au-dessus du point de congélation. Le fonctionnement de ce service, et ce qui d’autre en a besoin, est expliqué dans la section sur la protection contre le gel en hiver plus bas.
Chaleur : le vin et bien des bières sont endommagés par la chaleur; le transport à température contrôlée est donc la norme pour le vin et les produits haut de gamme en été.
Produits gazéifiés : les canettes et les bouteilles sous pression exigent un empilage et un arrimage soignés; une palette de produits gazéifiés qui se déplace a tendance à être entièrement perdue.
Vol : les spiritueux et la bière attirent les voleurs. Les remorques scellées et suivies et les arrêts planifiés sont la norme.
L’alcool à la frontière en 2026
Le commerce transfrontalier de l’alcool est perturbé par le différend commercial entre le Canada et les États-Unis, et les règles ont changé plusieurs fois depuis 2025. La LCBO, qui contrôle l’importation des boissons alcoolisées en Ontario, ne vend plus d’alcool américain depuis mars 2025. Depuis le 29 septembre 2026, les États-Unis interdisent l’importation de bière, de vin, de spiritueux, de cidre et de saké canadiens emballés, et l’alcool en vrac destiné à l’embouteillage aux États-Unis est soumis à un droit de 50 %; l’admissibilité à l’ACEUM ne les exempte pas. Ces mesures peuvent changer rapidement : confirmez la situation actuelle auprès de votre courtier en douane avant de réserver tout envoi transfrontalier d’alcool.
Vers les États-Unis, en temps normal, l’importateur doit détenir un permis fédéral de base d’importateur du TTB (Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau), une approbation d’étiquette (COLA) pour chaque produit, l’enregistrement de l’installation auprès de la FDA et un préavis, puis le produit passe par un réseau de distribution autorisé par chaque État.
Vers le Canada, la régie des alcools de chaque province contrôle l’importation des boissons alcoolisées, et la taxe d’accise fédérale s’applique.
8Protection contre le gel en hiver : service chauffé et protégé contre le gel (PFF)
Une remorque réfrigérée chauffe aussi bien qu’elle refroidit. Le service protégé contre le gel, qu’on abrège souvent en PFF (protect-from-freeze) et qu’on appelle aussi service chauffé, est une remorque réfrigérée qui fonctionne en mode chauffage avec une température de consigne au-dessus du point de congélation, pour que le chargement reste assez chaud pendant un hiver canadien ou du nord des États-Unis. C’est la façon habituelle de transporter des boissons de la fin de l’automne au printemps, et elle protège toute marchandise que le gel endommage.
Une remorque fermée ne la remplace pas. Même une remorque isolée finit par descendre à la température extérieure et, sur un trajet de plusieurs jours dans le nord de l’Ontario, dans les Prairies ou dans le nord des États-Unis, la marchandise d’une remorque non chauffée va geler. Une remorque réfrigérée en mode chauffage continue de fonctionner quand le camion roule, quand il est stationné pour la nuit ou quand il attend à un poste frontalier.
Les boissons : la plus grande catégorie de fret protégé contre le gel
La bière, le vin, les boissons prémélangées, les jus, les boissons gazeuses et l’eau embouteillée sont surtout composés d’eau et gèlent à 0 °C ou un peu en dessous. L’eau prend de l’expansion en gelant : les canettes gonflent et fendent, les bouteilles craquent et les bouchons sont poussés hors du goulot, et une seule palette qui fuit peut endommager le reste du chargement. Le gel peut aussi altérer le goût et la limpidité de la bière et du vin, même si le contenant résiste. Les spiritueux à forte teneur en alcool gèlent rarement, mais les liqueurs, les liqueurs à la crème, les cocktails prêts à boire et les produits à faible teneur en alcool peuvent geler.
Passer au PFF avant la première vague de froid : la plupart des expéditeurs de boissons font passer leurs trajets canadiens en service PFF de la fin de l’automne jusqu’au printemps, et le maintiennent sur tout trajet qui traverse le nord de l’Ontario ou les Prairies.
Maintenir la température tout le long du trajet : un chargement qui quitte le Texas ou la Californie par temps doux peut rencontrer moins 25 °C avant d’arriver à Winnipeg ou à Edmonton; la température de consigne est donc maintenue pendant tout le trajet, pas seulement pendant la partie froide.
Le poids passe toujours en premier : un chargement de boissons atteint la limite de poids légale avant que la remorque soit pleine, et l’unité réfrigérée et le carburant ajoutent du poids. Planifiez selon le poids et vérifiez le poids par essieu.
Le vin voyage souvent plus au chaud : le vin haut de gamme voyage couramment entre 10 et 15 °C environ (50 à 59 °F) pour protéger les bouchons et éviter les variations de température, tandis que la bière, les jus, les boissons gazeuses et l’eau doivent habituellement seulement être gardés en toute sécurité au-dessus du point de congélation.
Canettes et bouteilles éclatées, bouchons poussés, fuites dans tout le chargement, goût altéré
PFF avec une température minimale; une température de consigne plus élevée pour le vin haut de gamme
Peintures à base d’eau, revêtements, adhésifs, scellants, latex
Un seul cycle de gel et de dégel peut ruiner le produit, et le dommage n’est souvent visible qu’à l’utilisation
PFF avec la température minimale d’entreposage du fabricant
Aliments liquides, en pot et en conserve, sauces, vinaigrettes
Conserves qui gonflent ou fendent, pots qui craquent, émulsions qui se séparent
PFF avec une température minimale
Fruits et légumes d’hiver : pommes de terre, oignons, pommes, légumes-racines
Les tissus gelés se dégradent et pourrissent après le dégel
La température de consigne propre au produit, par exemple 4 à 7 °C pour les pommes de terre
Cosmétiques, produits d’entretien, certains produits pharmaceutiques
Séparation, cristallisation, emballage endommagé, plage indiquée sur l’étiquette dépassée
La limite inférieure indiquée sur l’étiquette, avec un enregistreur de données pour les produits de santé
Certains appareils électroniques, batteries et instruments
Condensation, écrans et cellules endommagés sous le minimum prévu
La température minimale d’entreposage prévue
Les produits classés comme marchandises dangereuses, dont certains produits chimiques, aérosols et batteries, exigent leurs propres documents et leur propre manutention en plus de la température : la fiche de données de sécurité devrait accompagner la demande de soumission.
Comment se déroule un chargement protégé contre le gel
Préciser une température, pas seulement PFF : inscrivez la température minimale sécuritaire sur la demande de transport et sur le connaissement, par exemple « protégé contre le gel, maintenir à 4 °C ». Une simple mention PFF laisse le choix de la température de consigne à la personne qui est de quart.
En continu ou en mode cyclique : par grand froid, le mode continu garde une température uniforme de l’avant de la remorque jusqu’aux portes; le mode cyclique économise du carburant, mais laisse la température du chargement varier davantage entre les cycles.
Amener la remorque à température d’abord : une remorque restée toute la nuit à moins 20 °C doit être réchauffée jusqu’à la température de consigne, portes fermées, avant le chargement, et le produit doit être chargé à partir d’un quai chauffé, pas laissé dehors en attente.
Carburant et alimentation : une unité qui manque de carburant à moins 25 °C ne protège rien. Le carburant est donc vérifié à chaque arrêt, et une remorque chargée n’est jamais laissée sans que l’unité fonctionne ou soit branchée.
Portes et arrêts : chaque ouverture des portes fait entrer le froid; les chargements à arrêts multiples sont donc planifiés pour ouvrir les portes le moins souvent possible.
La frontière et les autres retards : une inspection ou une longue attente à un poste frontalier en janvier est un incident de température. L’unité continue de fonctionner, et on demande que les inspections se fassent dans une installation chauffée lorsque c’est possible.
Conserver le relevé : les données de l’unité et de tout enregistreur de données montrent que le chargement est resté au-dessus de son minimum. C’est la preuve si un destinataire remet le produit en question.
Le rail peut transporter du fret sensible au gel dans des conteneurs réfrigérés ou isolés, mais la capacité de chauffage varie selon le chemin de fer, le trajet et l’équipement, et les semaines les plus froides entraînent des trains plus courts et des terminaux plus lents. Pour les boissons et les autres marchandises sensibles au gel en plein hiver, le camion est habituellement le choix le plus sûr, sauf si le service ferroviaire chauffé a été confirmé sur le trajet.
9Aliments surgelés
Les aliments surgelés sont le fret à température contrôlée le plus tolérant, et le moins tolérant aux erreurs. La norme internationale pour les aliments surgelés est de -18 °C (0 °F) ou moins, avec seulement de brèves hausses tolérées pendant le transport et un retour rapide à -18 °C. La crème glacée et les desserts glacés voyagent habituellement plus froid, autour de -25 °C, parce qu’un dégel partiel suivi d’une recongélation ruine la texture même si le produit reste salubre.
Prérefroidissez la remorque à la température de consigne et chargez un produit déjà à température; une unité réfrigérée ne peut pas faire redescendre la température d’un produit surgelé qui s’est réchauffé.
Beaucoup de chargements surgelés peuvent voyager en mode cyclique pour économiser du carburant, mais la crème glacée et les produits sensibles aux variations de température devraient voyager en continu.
Ouvrez les portes le moins longtemps possible et utilisez des joints de quai ou des rideaux à lanières : chaque ouverture fait entrer de l’air chaud et humide qui se transforme en givre sur le produit et sur l’évaporateur.
Surveillez les signes d’un dégel antérieur : des cristaux de glace à l’intérieur des emballages, des coulisses gelées ou des caisses soudées entre elles indiquent un écart de température avant ou pendant le transport.
Pour les chargements surgelés à arrêts multiples, planifiez l’ordre des arrêts pour ouvrir les portes le moins souvent possible, et utilisez des cloisons pour garder l’air froid sur le produit qui reste.
Les aliments surgelés se prêtent aussi bien au rail. Les produits surgelés à demande prévisible sur de longs trajets, comme de l’Ontario vers l’Ouest canadien, sont l’une des meilleures utilisations de l’intermodal réfrigéré.
10Boulangerie fraîche et surgelée
Le fret de boulangerie se divise en deux. La pâte surgelée, le pain précuit et les produits finis surgelés voyagent comme des aliments surgelés, à -18 °C ou moins. Le pain frais, les pains à hamburger et les gâteaux voyagent habituellement au frais ou à température ambiante contrôlée, à l’abri de la chaleur, qui cause la moisissure et la condensation, et du froid, qui fait rassir le pain plus vite; la bonne température de consigne dépend du produit et des exigences de l’acheteur.
Léger et volumineux : un chargement de boulangerie remplit la remorque bien avant d’atteindre la limite de poids. Il se planifie donc selon le nombre de palettes et le volume, et bien des produits ne peuvent pas être gerbés sans être écrasés.
Allergènes : la boulangerie est une source fréquente de réclamations liées au contact croisé avec des allergènes. La règle de la FDA sur le transport sanitaire exige que les transporteurs préviennent ce contact croisé : les remorques destinées à la boulangerie doivent être propres, sèches et sans odeur, avec un lavage documenté quand le chargement précédent l’exige.
Courte durée de conservation : la boulangerie fraîche est souvent livrée selon des horaires serrés aux détaillants et aux services alimentaires, avec peu de tolérance pour un rendez-vous manqué.
Les ingrédients comptent à la frontière : le pain ordinaire et les produits de boulangerie présentent un risque relativement faible, mais les produits qui contiennent de la viande, des produits laitiers ou des œufs, comme les sandwichs, les pâtés à la viande ou le gâteau au fromage, peuvent entraîner des exigences supplémentaires de l’ACIA et les contrôles canadiens sur l’importation de produits laitiers. Vérifiez le produit exact dans le SARI avant le premier envoi.
L’importation de produits de boulangerie au Canada exige une licence pour la salubrité des aliments au Canada, comme pour les autres aliments transformés, et les produits à base de produits laitiers sont soumis aux contingents d’importation liés à la gestion de l’offre.
11Le fret à température contrôlée à la frontière
Tout ce qui est décrit dans ce guide s’applique des deux côtés de la frontière; le passage ajoute une horloge qu’on ne peut pas arrêter. L’unité continue de fonctionner, le produit continue de vieillir, et une inspection au poste frontalier peut ouvrir les portes au pire moment possible. Les documents, les délais et les règles par marchandise pour chaque direction sont expliqués dans notre guide sur le transport transfrontalier.
Questions des expéditeurs
À quelle température ma remorque réfrigérée doit-elle être réglée?
Cela dépend du produit, et l’expéditeur devrait la préciser par écrit. La plupart des fruits et légumes de climat tempéré voyagent entre 0 et 2 °C; les fruits et légumes sensibles au froid, comme les poivrons, les concombres et les tomates, entre 7 et 13 °C environ; la viande et la volaille réfrigérées entre -2 et +2 °C environ; les aliments surgelés à -18 °C ou moins; la crème glacée à environ -25 °C; et les produits pharmaceutiques réfrigérés entre 2 et 8 °C.
Mon chargement doit-il voyager en continu ou en mode cyclique?
En continu pour les fruits et légumes frais, la viande réfrigérée, la crème glacée et tout ce qui est sensible aux variations de température, parce que le ventilateur tourne en permanence et garde une température uniforme dans tout le chargement. Le mode cyclique (marche-arrêt) économise du carburant et convient habituellement aux produits congelés à cœur et à certaines marchandises stables en température.
Différents fruits et légumes peuvent-ils partager une remorque?
Oui, s’ils sont compatibles sur le plan de la température, de l’éthylène et des odeurs. Les pommes, les poires et les fruits en mûrissement dégagent de l’éthylène qui endommage la laitue, le brocoli, les carottes et d’autres produits sensibles, et les oignons et les pommes de terre transmettent leur odeur aux pommes et aux poires. Quand les produits ne sont pas compatibles, utilisez une remorque multitempérature ou des camions distincts.
Quels documents faut-il pour expédier de la viande du Canada vers les États-Unis?
Le produit doit provenir d’un établissement canadien admissible à l’exportation vers les États-Unis, voyager avec un certificat d’inspection de l’ACIA visant les produits de viande et de volaille, et faire l’objet d’une demande d’inspection à l’importation déposée auprès de la FSIS au plus tard au moment de la déclaration en douane. Après la mainlevée à la frontière, l’envoi doit se rendre à un établissement d’inspection des importations de la FSIS, une I-house, pour y être réinspecté avant la livraison.
Quels documents faut-il pour faire entrer de la viande des États-Unis au Canada?
Le produit doit provenir d’un établissement américain admissible pour le Canada et voyager avec le certificat original de salubrité pour l’exportation de viande et de volaille de la FSIS (formulaire 9060-5). L’importateur canadien doit détenir une licence pour la salubrité des aliments au Canada. Environ un envoi sur dix est choisi pour une inspection de l’ACIA dans un établissement autorisé; les autres peuvent être livrés dès leur mainlevée.
Le poisson et les fruits de mer ont-ils besoin de quelque chose de particulier pour entrer aux États-Unis?
Un préavis de la FDA au moins deux heures avant l’arrivée par la route, et les transformateurs et les importateurs doivent appliquer le HACCP pour les produits de la mer. Treize groupes d’espèces, dont les crevettes, les thons, la morue et le crabe, relèvent aussi du Seafood Import Monitoring Program de la NOAA, qui exige un International Fisheries Trade Permit et des données de capture. Les mollusques vivants doivent provenir d’un expéditeur certifié.
Peut-on expédier de l’alcool canadien vers les États-Unis en 2026?
Pas les produits emballés, pour le moment. Depuis le 29 septembre 2026, les États-Unis interdisent l’importation de bière, de vin, de spiritueux, de cidre et de saké canadiens emballés, et l’alcool en vrac destiné à l’embouteillage est soumis à un droit de 50 %. Ces mesures peuvent changer rapidement : confirmez les règles en vigueur auprès de votre courtier en douane avant de réserver.
Peut-on expédier des boissons en hiver sans qu’elles gèlent?
Oui, en service chauffé protégé contre le gel (PFF) : une remorque réfrigérée qui fonctionne en mode chauffage, réglée pour garder le chargement au-dessus du point de congélation pendant tout le trajet. De la fin de l’automne au printemps, c’est la façon habituelle de transporter la bière, le vin, les boissons prémélangées, les jus, les boissons gazeuses et l’eau embouteillée au Canada et dans le nord des États-Unis.
Qu’est-ce que le transport protégé contre le gel (PFF)?
Protégé contre le gel, ou PFF (protect-from-freeze), signifie qu’on ne doit pas laisser geler la marchandise. Le transport se fait dans une remorque réfrigérée dont l’unité fonctionne en mode chauffage, avec une température de consigne au-dessus du point de congélation, pour que le chargement reste au chaud pendant la conduite en hiver, les arrêts pour la nuit et l’attente à la frontière. On l’appelle aussi service chauffé.
À quelle température un chargement protégé contre le gel doit-il être réglé?
Cela dépend du produit, et l’expéditeur devrait inscrire la température minimale sécuritaire sur la demande de transport plutôt que la seule mention PFF. La bière, les jus, les boissons gazeuses et l’eau doivent habituellement seulement être gardés en toute sécurité au-dessus du point de congélation; le vin haut de gamme voyage souvent plus au chaud, entre 10 et 15 °C environ; la peinture, les adhésifs et les produits pharmaceutiques suivent la température minimale indiquée par le fabricant ou sur l’étiquette.
Ai-je besoin d’une remorque chauffée pour expédier de la bière ou du vin en hiver?
Oui, sur presque tous les trajets d’hiver au Canada et dans le nord des États-Unis. Une remorque fermée, même isolée, descend à la température extérieure pendant un long trajet : la bière et le vin voyagent donc dans une remorque réfrigérée qui fonctionne en mode chauffage, ce qu’on appelle le service protégé contre le gel, de la fin de l’automne jusqu’au printemps.
Chapitres du SH pour ce fret
Tous les codes à six chiffres de chaque chapitre, avec les descriptions officielles du gouvernement.
Indiquez-nous la marchandise, la température de consigne et le trajet : nous planifierons l’équipement, les délais et les documents avant le premier chargement. Consultez notre service réfrigéré et chauffé ou demandez une soumission pour votre trajet.